Calculateur d'intérêts composés
Résultats
- Montant final
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- Total des intérêts gagnés
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Les intérêts composés, ou pourquoi le temps compte plus que le taux
Le principe tient en une phrase : au lieu d'être versés, les intérêts restent sur le compte et produisent à leur tour des intérêts. La première année, rien de spectaculaire. La dixième, l'écart devient difficile à ignorer.
Prenons 10 000 € placés à 5 %. La première année rapporte 500 €. La deuxième porte sur 10 500 €, donc 525 €. Au bout de dix ans, le capital atteint 16 288,95 €. Sans réinvestissement des intérêts, on serait resté à 15 000 €. Les 1 288,95 € de différence sont l'effet des intérêts composés, et rien d'autre.
Trois paramètres entrent en jeu : le capital de départ, le taux et la durée. Le dernier pèse bien plus lourd que les deux autres, parce que la croissance est exponentielle. Doubler la durée fait bien plus que doubler le gain — c'est contre-intuitif, et c'est précisément ce qui rend le calcul utile.
La formule
Pour un placement unique, le capital final se calcule ainsi : C = C₀ × (1 + t)ⁿ, où C₀ est le capital initial, t le taux exprimé en décimal et n le nombre d'années.
Si la capitalisation est mensuelle ou quotidienne plutôt qu'annuelle, le taux se répartit sur les périodes : C = C₀ × (1 + t/m)^(n×m), m étant le nombre de périodes par an. Le résultat est légèrement supérieur, mais l'écart reste modeste aux taux pratiqués aujourd'hui — quelques dizaines d'euros sur dix ans pour un placement de 10 000 €.
Avec des versements mensuels réguliers, il faut ajouter la valeur acquise de la suite de versements. Le calculateur ci-dessus s'en charge automatiquement dès que vous renseignez un montant mensuel.
Ce que le fisc prélève en 2026
Par défaut, les revenus du capital sont soumis au prélèvement forfaitaire unique, la flat tax. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, son taux global est passé de 30 % à 31,4 %. La hausse vient uniquement de la CSG, relevée de 9,2 % à 10,6 % par la loi de financement de la Sécurité sociale. Le PFU se décompose donc en 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux.
Attention : beaucoup de simulateurs en ligne calculent encore avec l'ancien taux de 30 %. Sur 30 000 € de plus-values, l'écart représente 420 € — pas de quoi bouleverser une stratégie, mais suffisant pour fausser une comparaison.
Cette hausse n'a pas touché tout le monde. Le législateur a maintenu le taux de 17,2 % sur une liste limitative : assurance-vie, PEL et CEL, PEP, revenus fonciers et plus-values immobilières. En revanche, le PEA, le compte-titres ordinaire, l'épargne salariale, le PER et les crypto-actifs supportent bien les 18,6 %.
Il reste possible d'opter pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu, via la case 2OP de la déclaration. L'option n'a d'intérêt que si votre tranche marginale est inférieure à 12,8 %, ce qui concerne peu de foyers. Et elle est globale : elle s'applique à l'ensemble de vos revenus du capital de l'année, sans possibilité de panacher.
L'enveloppe change tout
En France, la question n'est pas seulement combien vous gagnez, mais où vous le gagnez. Le même placement, avec le même rendement, ne subit pas la même fiscalité selon le contenant.
Le compte-titres ordinaire est le cas le plus simple et le plus taxé : 31,4 % sur les gains, sans abattement, sans condition de durée.
Le PEA fonctionne autrement. Passé cinq ans de détention, les gains échappent totalement à l'impôt sur le revenu. Seuls les prélèvements sociaux restent dus, désormais à 18,6 %. Un retrait avant cinq ans, en revanche, ramène la flat tax complète et entraîne la clôture du plan. Point important : c'est le taux en vigueur au moment du retrait qui s'applique, sur l'intégralité des gains — y compris ceux accumulés avant 2026.
L'assurance-vie a été explicitement écartée de la hausse. Ses prélèvements sociaux restent à 17,2 %. Après huit ans, la part impôt sur le revenu tombe à 7,5 % pour les primes inférieures à 150 000 €, et un abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple) s'applique sur les gains retirés.
Enfin, les livrets réglementés — Livret A, LDDS, LEP — sont exonérés d'impôt et de prélèvements sociaux. Leur plafond limite l'usage, mais sur les sommes concernées le rendement affiché est le rendement réel.
Le même placement, quatre enveloppes
Simulation d'un capital placé à 5 % pendant dix ans, sans versement complémentaire. Pour l'assurance-vie, l'abattement de 4 600 € est appliqué en une fois, ce qui suppose un rachat unique — en pratique, un retrait étalé sur plusieurs années permet d'en profiter chaque année et réduit encore la note.
| Enveloppe | Taux | Gain brut (10 000 €) | Net (10 000 €) | Gain brut (50 000 €) | Net (50 000 €) |
|---|---|---|---|---|---|
| Compte-titres | 31,4 % | 6 288,95 € | 14 314,22 € | 31 444,73 € | 71 571,08 € |
| PEA (5 ans et +) | 18,6 % | 6 288,95 € | 15 119,21 € | 31 444,73 € | 75 596,01 € |
| Assurance-vie (8 ans et +) | 24,7 % | 6 288,95 € | 15 871,78 € | 31 444,73 € | 74 814,08 € |
| Livret A / LDDS | 0 % | 6 288,95 € | 16 288,95 € | — | — |
Sur 10 000 €, l'assurance-vie l'emporte grâce à l'abattement, qui absorbe une grande partie du gain. Sur 50 000 €, le rapport s'inverse : l'abattement devient marginal et le taux plus faible du PEA reprend l'avantage. Il n'y a donc pas de meilleure enveloppe dans l'absolu — le montant, la durée et le rythme des retraits déterminent la réponse. Le Livret A n'apparaît que sur la première colonne, son plafond ne permettant pas la seconde simulation.
Questions fréquentes
- Le capital versé est-il imposé ?
- Non, jamais. Seul le gain est taxé. Sur un placement de 10 000 € devenu 16 288,95 €, l'assiette est la plus-value de 6 288,95 €.
- Pourquoi certains simulateurs affichent-ils encore 30 % ?
- Parce qu'ils n'ont pas été mis à jour depuis la LFSS 2026. Le taux de 31,4 % s'applique aux revenus perçus à compter du 1ᵉʳ janvier 2026.
- L'assurance-vie est-elle vraiment restée à 17,2 % ?
- Oui. Elle figure sur la liste des placements explicitement exclus de la hausse de CSG, au même titre que le PEL, le CEL, le PEP et les revenus fonciers.
- La hausse s'applique-t-elle aux gains réalisés avant 2026 ?
- Sur un PEA, oui. Le taux retenu est celui en vigueur le jour du retrait, quelle que soit l'année où les gains ont été générés.
- Faut-il choisir le barème progressif ?
- Rarement. L'option n'est gagnante que si votre taux marginal d'imposition est inférieur à 12,8 %. Elle se coche via la case 2OP et engage l'ensemble de vos revenus du capital de l'année.
- Capitalisation mensuelle ou annuelle, quelle différence ?
- Mathématiquement la mensuelle l'emporte, mais l'écart reste faible : moins de 150 € sur dix ans pour 10 000 € placés à 5 %. Le choix de l'enveloppe pèse infiniment plus lourd.
- Les versements réguliers changent-ils beaucoup les choses ?
- Énormément sur les longues durées. Chaque versement produit des intérêts à partir de sa date d'entrée, ce qui donne un poids considérable aux premiers. Sur vingt ans, l'effort d'épargne mensuel dépasse souvent le capital initial en contribution au résultat final.
- L'inflation est-elle prise en compte ?
- Non. Tous les montants affichés sont nominaux. Pour raisonner en pouvoir d'achat, retranchez l'inflation anticipée du taux de rendement avant de lancer le calcul.
Sources et date de mise à jour
Les informations ci-dessus portent sur l'année fiscale 2026 et ont une vocation générale. Elles ne remplacent pas l'avis d'un conseiller.
- Loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 — relèvement de la CSG sur les revenus du capital
- Article 200 A du Code général des impôts — prélèvement forfaitaire unique
- Article 125-0 A du CGI — fiscalité des contrats d'assurance-vie
Mise à jour : janvier 2026